Histoire du letterpress
Le letterpress n’est pas une mode récente. C’est la technique qui a imprimé l’Occident pendant cinq cents ans, avant d’être abandonnée puis redécouverte.

1450 : les caractères mobiles
Johannes Gutenberg n’a pas inventé l’impression — les Chinois imprimaient depuis des siècles. Il a inventé les caractères mobiles en métal, fondus un par un, réutilisables à l’infini.
Le principe est exactement celui du letterpress d’aujourd’hui : une forme en relief, encrée, pressée contre le papier. La presse à bras de Gutenberg dérivait des pressoirs à vin.
L’âge d’or typographique
Pendant quatre siècles, toute l’imprimerie est typographique. Les caractères de Garamond au XVIe siècle, de Caslon au XVIIIe, de Didot sous l’Empire : ce sont des dessins conçus pour être fondus en plomb et pressés.
Les proportions que nous trouvons élégantes aujourd’hui viennent de là. Les polices numériques que vous utilisez sont, pour beaucoup, des redessins de caractères de plomb.
Le déclin, au XXe siècle
L’offset arrive dans les années 1950 et change tout : plus rapide, moins cher, capable de reproduire la photographie. La typographie devient une survivance.
Dans les années 1980, les ateliers ferment les uns après les autres. Les presses partent à la ferraille, les caractères de plomb sont refondus. C’est une génération de savoir-faire qui disparaît en vingt ans.
Le retour, à partir des années 2000
Ce qui a sauvé le letterpress, c’est précisément ce qui l’a tué : le foulage. Autrefois considéré comme un défaut — une pression trop forte qui déforme le papier —, il devient un effet recherché.
Des graphistes rachètent les presses abandonnées, souvent des Heidelberg à platine des années 1960. Le letterpress renaît non comme production de masse mais comme travail de qualité.
Le letterpress aujourd’hui
La forme n’est plus en plomb mais en polymère photosensible, gravée à partir d’un fichier numérique. Le geste, lui, n’a pas changé : encrer, presser, sécher.
C’est ce mélange qui rend la technique viable — la souplesse du numérique en amont, la matière de la typographie à l’arrivée.
Questions fréquentes
C’est le même principe technique. « Typographie » désigne l’ensemble de l’impression en relief avec caractères mobiles ; « letterpress » est le terme anglais, revenu en français pour désigner la pratique contemporaine.
Quelques ateliers de conservation, oui. Pour une production commerciale, la forme est en polymère : plus rapide à fabriquer, et permettant n’importe quel dessin.
Sur le même sujet
Vos étiquettes, chiffrées maintenant
Papier feutré 580 g, relief pressé, débossage inclus. Bon à tirer et livraison compris.
Configurer et commander