L'artisan
et l'après-devis
Trois artisans passent, trois devis arrivent. Le client compare des chiffres qu'il ne sait pas juger. Ce qui départage, c'est souvent ce qu'il a gardé de la visite.
Le moment qui compte
Vous êtes venu, vous avez mesuré, vous avez expliqué. Le client a compris pendant que vous parliez. Puis vous partez, et il oublie la moitié.
Deux semaines plus tard, il a trois devis et un souvenir flou. Il choisit sur le prix, faute d'autre critère.
Une plaquette laissée en partant lui donne un autre critère. Elle rappelle qui vous êtes, ce que vous savez faire, et depuis combien de temps.
Ce qu'il faut y mettre
Vos réalisations, en photo
C'est le contenu qui vend. Trois ou quatre chantiers finis, photographiés correctement. Pas de photo de chantier en cours, pas de gravats.
Depuis quand vous existez
« Artisan couvreur depuis 2009 ». Quatre mots qui valent beaucoup : le client craint surtout de tomber sur quelqu'un qui disparaîtra.
Vos assurances et qualifications
Décennale, RGE, qualifications professionnelles. Le numéro suffit — le client ne le vérifiera probablement pas, mais sa présence le rassure.
Votre zone d'intervention
« Anglet, Bayonne, Biarritz et 20 km alentour ». Cela évite les appels inutiles et signale que vous êtes du coin.
Ce qu'il ne faut surtout pas
- Des prix : chaque chantier est différent, et un prix imprimé se retourne contre vous
- Un texte long sur votre passion du métier : personne ne le lit
- Une liste de vingt prestations : on ne retient rien
- Des photos prises au téléphone en contre-jour
- Un logo fait en cinq minutes qui dessert le reste
Sur le dernier point : si votre identité visuelle est faible, une plaquette la met en évidence. Mieux vaut une plaquette sobre, sans logo, avec votre nom bien composé.
Le format de l'artisan
Le A5 portrait domine ce métier. Il se glisse dans une pochette de devis, tient dans la boîte à outils et se pose sur une table de cuisine sans encombrer.
Le DL portrait convient si vous envoyez vos devis par courrier : il entre dans l'enveloppe sans plier.
Le A4 est trop grand pour ce moment-là. Il fait « documentation d'entreprise » alors que le client veut « quelqu'un de sérieux ».
Combien en commander
Comptez le nombre de devis que vous faites par mois.
Un artisan qui établit quinze devis mensuels en distribue environ vingt, avec les visites sans suite. Soit 240 par an.
Le palier de 250 exemplaires est donc le bon, et il vous couvre un an. Au-delà, vous risquez de garder des plaquettes portant un numéro de téléphone périmé.
Si votre activité est plus forte, 500 exemplaires restent raisonnables. Cinq mille n'a aucun sens pour ce métier.
Ce qui la rend crédible
Un détail change tout : la cohérence avec le reste.
Si votre plaquette est soignée mais que votre devis est un tableur mal aligné, l'écart se voit. Le client en déduit que la plaquette est de la façade.
Reprenez la même typographie, la même couleur et le même logo sur le devis, la facture et le véhicule. C'est ce qui fait « entreprise » plutôt que « bricoleur ».
Questions fréquentes
Non. Chaque chantier est différent, et un prix imprimé crée une attente que le devis contredira. Gardez la plaquette pour ce que vous faites et depuis quand.
Le A5 portrait : il se glisse dans une pochette de devis et se pose sur une table de cuisine. Le DL si vous envoyez vos devis par courrier.
Comptez vos devis mensuels. Quinze devis par mois font environ 240 plaquettes par an : le palier de 250 couvre l'année.